Au 18ème siècle, un neurologue allemand nommé Franz Joseph Gall
propose une nouvelle théorie basée sur la perception visuelle du crâne.
La phrénologie est née ou morte-née, car qualifiée de pseudo-science dès le
19ème siècle après à peine cent ans d'existence. Elle s'enorgueillissait de
pouvoir définir les traits de caractère d'individu en fonction de la forme
de sa boîte crânienne.
Cette théorie fumeuse fonctionnait sur une minutieuse observation visuelle,
qui aujourd'hui nous paraît aberrante, favorisa tout naturellement les
jugements hâtifs voir totalement arbitraires, et contribua en faisant office de
catalyseur à la diffusion puis à l'expansion d'idéologies haineuses et racistes
dont un des meilleurs exemples est l'eugénisme.
Cette illustration désastreuse démontre assez bien le caractère has been
que revêtent les anciennes soi-disant théories scientifiques largement admises.
Pareils aux exploits sportifs d'un certain Usain Bolt, authentifiés de manière
éphémère sous forme de record, les conceptions les plus établies sont sans
cesse bousculées et même parfois totalement dépassées. Pratiquement à
chaque nouvelle décennie s'effectue un large balayement culturel et structurel,
bouleversant autant la mode que fragilisant dangereusement la
science officielle, produisant de façon cyclique autant de moqueries
que de nostalgies inavouées...